Cet article propose une analyse sociologique compréhensive de la pratique du fitness dans trois clubs Basic-Fit situés à Rouen, en s’appuyant sur une enquête mixte conduite entre janvier et juillet 2025 (150 questionnaires, 30 entretiens individuels, 3 focus groups). Loin des stéréotypes du culte du corps ou de la pratique narcissique, les résultats montrent la diversité des motivations (esthétiques, sanitaires, psychologiques, symboliques), des trajectoires biographiques et des usages sociaux. Le fitness apparaît comme un espace d’engagement corporel ordinaire mais signifiant, où se rejouent des enjeux de santé, de performance, d’équilibre émotionnel, de recomposition identitaire et de liens faibles. À travers une approche mobilisant la sociologie du corps, de l’individualisation et du genre, l’article met en lumière les tensions entre autonomie subjective et normes intériorisées dans un espace faiblement encadré, mais intensément investi.



